Cider with Laurie

12 janvier 2009

Y'en a qui prennent des risques

L'autre jour je me rendais au travail, roulant prudemment à cause de la neige et donc des figures libres toujours possibles par ces temps de froidure.
J'attendais à un feu, et j'avais remarqué une camionnette garée en double file près d'une autre précisément là où je devais passer.
Je suppose que les deux chauffeurs avaient à se dire des choses importantes pour stationner ainsi à cheval sur la voie de bus et sur la rue, mais bon, ils travaillaient, eux .....

Je m'apprêtais à déboiter pour doubler la surnuméraire quand celle ci, bien sûr sans clignotant ni avertissement (l'aurait pu crier gare, tout de même), se remit en mouvement, bloquant ma manœuvre au milieu du carrefour.
Conciliante (le moyen de faire autrement ?), je me suis sagement remise dans la file derrière elle, et je l'ai suivie à 2km/h, ce qui m'a laissé tout loisir de lire sur sa vitre arrière droite que cette camionnette escargot appartenait à la firme "atoutevitesse.com".....

Déjà passablement réjouie de ce contraste (mais bon, 2km/h, pour un escargot, c'est à toute vitesse, n'est il pas, tout est relatif, disait notre ami Albert), je passe à la lecture de la vitre gauche.
Là j'apprends que si je constate que le chauffeur ne conduit pas bien à mon goût, je peux le signaler à son patron qui se fera un plaisir de lui offrir un vélo et des baskets à la place.
Sur quoi le véhicule sus cité tourne comme pour s'engager sur le périphérique .... et se regare dans le tournant, moitié sur l'autre bout de la voie de bus, moitié sur la rampe d'accès !!!!

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27 septembre 2008

On n'arrête pas le progrès

Quelle ne fut pas ma surprise l'autre jour, ayant entendu le doux petit ronronnement qui salue sur mon téléphone portable l'arrivée d'un sms, de constater que même les choses les plus traditionnelles se mettaient à utiliser les technologies les plus modernes !

Jugez plutôt : depuis l'an 850 et jusqu'à aussi récemment que 1995, la vierge est apparue plus de 100 fois dans des lieux divers et variés, souvent à des enfants, mais toujours en direct.

Mais cette fois, voilà ce que disait mon sms :
Vous avez reçu une photo de Marie hier à 23h10. Consultez la, envoyez le mot de passe Marie par sms au numéro machin, 3€ + prix du sms ......

Que dois je en conclure ?

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21 avril 2008

Opiniâtre, le gars

On peut critiquer les produits de Monsieur Petit Mou (micro soft pour les intimes), mais on ne pourra pas dire qu'il ne se met pas en 4, et même en beaucoup plus, pour essayer de satisfaire le client, pour une fois.

J'ai laissé vendredi soir une session ouverte entre mon PC et un server. Or il se trouve que ce server, des fois, coupe la communication à 18h, je n'ai pas encore investigué pourquoi.

Mon PC, en brave petit soldat, essaie de savoir pourquoi le server fait la tête, veut lui parler, veut lui remonter le moral, veut savoir pourquoi ses appels restent une patte en l'air ....

Et ceci pas 1, pas 2, pas 3, mais 201 fois en tout jusqu'au lundi matin !!!! Et il le prouve, il comptabilise :


C'est pas de la constance, ça ????? Avouez que ça ferait rêver une équipe de rugby :)

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19 mars 2008

Recollons les morceaux

Dans la même veine que précédemment, notre généreux CE nous propose maintenant dans un seul et même mail des billets pour deux concerts ....

Il y a d'abord Grand corps malade.

Ok.

Ce n'est pas ma cup of tea, mais bon, je connais le nom (me demandez pas ce que ça chante, par contre).

Et la ligne suivante, je vous le donne en mille, devinez ?
Allez, un petit effort, vous ne voyez pas ?

Voilà, c'est ça, les Têtes raides :))))) (Idem pour les commentaires).

Va suffire d'une petite suture, et on aura quelque chose de complet, non ?

Mr Frankenstein, I presume ?

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27 février 2008

Varions les plaisirs

Oui, je sais, je vous ai un peu négligés ces derniers temps, mon blog et vous, amis lecteurs ...

Mais là l'inspiration m'a de nouveau visitée (pas la muse, comme Musset, vu que je ne mange pas de ce pain là, beeeeeeeeeeeeeeerk :) )

Or donc ce matin, j'ouvre ma messagerie, et là, entre autres, deux e-mails m'attendent d'octet ferme (ça n'a pas de pieds, les octets, ou bien ?).

Ils proviennent de notre CE, qui dans un souci d'équilibre, je pense, ou par égard pour le réchauffement de notre pauvre planète, va savoir, nous propose coup sur coup d'abord :
La belle au bois dormant sur glace
(Je ne vous raconte même pas la crève qu'elle va s'attraper, la pauvrette, 100 ans comme un saumon à l'étal ...)

Et dans la foulée :
Les nuits de feu à Chantilly

Et la crème du même nom, dans tout ça ? Glace ou feu ? Va pas aimer non plus le barbecue, elle !

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25 avril 2007

Tapage diurne

Pour entrer dans notre tour nous avons des portes tournantes, jusque là rien de très original, sauf qu'elles sont un peu capricieuses : il faut leur présenter notre badge, et si elles sont bien lunées, elles bippent, un voyant vert s'allume, et vous pouvez (théoriquement) passer.

Bien sur on ne compte plus les fois où c'est bloqué à mi course, ça ne s'allume pas, ça ne bippe pas, ça ne démarre pas malgré bip et vert (c'est là que les leçons de tango sont utiles, un pas en avant, un pas en arrière, et madame daigne s'apercevoir qu'elle a quelqu'un à sasser ...), et les apothéoses où tout va bien jusqu'à la moitié du trajet et là stop abrupt, à vous transformer en moins de deux en carlin contre la paroi vitrée (on ressort et on recommence, youpi !)....
Les matins où vous n'avez déjà pas vraiment envie d'aller bosser, c'est très démoralisant de se faire en plus jeter par la porte de votre boite !

Toujours est il que depuis un moment on procède au remplacement de ces portes, et que j'ai vu fleurir une jolie affiche qui a aussitôt éveillé mon interprétation décalée :Je trouve qu'autoriser le tambour d'accès à faire du bruit, ça a quelque chose de surréaliste, non ?

Ca m'a ramenée quelques années en arrière, au moment où mon deuxième fils a fait son coming out : "Je serai Lars Ulrich ou rien !" (Depuis ça, Lars Ulrich pleure pour avoir des leçons .... :) ).

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17 mars 2007

Vive l'ovalie française !

Ceux d'entre nous qui vivent en ovalie (c'est à dire les amateurs de rugby, je traduis pour les autres) savent que nous vivons aujourd'hui la dernière journée du Tournoi des 6 nations. Ce Tournoi met en ébullition tous les ans la France, l'Angleterre, le Pays de Galles, l'Ecosse, l'Irlande (du temps qu'il était des 5 nations), et depuis peu l'Italie.
Parfois les choses sont simples, une seule des équipes gagne ses 5 matchs, pas de problème, celle qui n'en gagne aucun remportant traditionnellement la cuillère de bois.

Mais ça serait trop facile, et souvent, comme cette année, on doit avoir recours à la comparaison du nombre de points gagnés, dit "goal average", ce qui signifie moyenne des points en bon français.

Les Irlandais venant d'écrabouiller l'Italie 51 à 24, d'après un subtil calcul que je vous épargnerai (ben oui, je ne suis pas sûre d'avoir tout pigé, moi ce qui m'intéresse, c'est les matchs), et du fait de notre seul échec devant l'Angleterre la semaine dernière, il nous fallait vaincre l'Ecosse cet après midi de plus de 23 points.

Ce que les commentateurs z'enthousiastes ne nous ont pas laissé oublier de tout le match. C'est alors que nous eumes droit à cette belle leçon linguistico-patriote :
"Je vous rappelle que nous devons atteindre 23 points d'avance d'après le goal average, enfin, le "points average", en bon français, c'est vrai, parlons français !"

J'ai beau chercher dans mon Larousse, average (prononcé "avérage" vu l'origine plutôt méridionale des rugbyphiles), ben c'est pas vraiment gaulois ....

Je rectifie, il n'y a pas que les matchs qui m'intéressent, les commentaires aussi, qui sont souvent pleins de trésors de ce style et de bonheurs en tout genre, le monde du rugby est imagé, bon enfant et bon vivant :)

Au fait ... on les a eus nos 23 points d'avance, un essai à la toute dernière minute nous les a assurés, 46 à 19 ! Maintenant faut pas que les anglais battent trop les gallois, et le Tournoi est à nous !

PS. Ben voilà, les gallois ont gagné, donc le Tournoi est à nous cette année :)

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17 février 2007

Elles sont partout ....

.... les blondes !

Vous vous souvenez de cette pub ?

Eh bien l'autre jour, dans notre restau d'entreprise, je regardais distraitement mon ticket de caisse, et qu'avisais je ?


Cherchez l'erreur :))))))

Heureusement que tous les aspirants présidents crient chacun très fort que lui (ou elle) va enfin changer l'école et faire que nos chères têtes blondes sauront lire, écrire et compter en entrant en sixième (un comble qu'on nous présente ça comme un rêve enfin devenu réalité ...).

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10 janvier 2007

Nous nous excusons

pour l'interruption momentanée du programme, mais celle là, elle m'a fait littéralement pisser de rire (scusez l'expression, mais là elle s'impose).

Voyez plutôt où les têtes pensantes de la communication trouvent parfois bon d'afficher les résultats des contorsions laborieuses de leur neurone ou de ce qui leur en tient lieu (non, il n'y a pas de faute d'accord) :


Pourtant nous, simples femmes, on n'a pas de problèmes de visée ... et je serais curieuse de savoir de quelle performance on parle !

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14 octobre 2006

Et ils vécurent heureux ...


Après une virée chez le provider de meubles suédois compulsif bien connu (d'où je n'ai ramené ni une lampe bulzorg, ni un jeu de set de table zorätle, je ne faisais qu'accompagner quelqu'un qui n'est pas motorisé), j'ai déjeuné à midi dans un restaurant portant le nom d'un gros bestiau vivant dans les fleuves d'Afrique.

A la table d'à côté un couple jeune (plus vraiment un jeune couple au sens classique du terme), elle la trentaine, décidée, nette, coiffure au carré, petites lunettes, lui je n'ai pas bien pu estimer, il était assis à côté de moi, mais dans les mêmes eaux, je pense, blond, grand, moins assuré dans ses réponses que j'entendais à peine par rapport à elle, mais irradiant d'un amour béat d'admiration. Attendrissant, pour tout dire.

Nous nous installons, et les tables sont si proches que je ne peux éviter d'entendre des bribes de leur conversation, malgré mes efforts pour rester concentrée sur la mienne.

Elle "Il va falloir qu'on en parle !"
Lui "Oui, bien sur, on va en parler."
Elle "Mais pas seulement en parler, il faudra qu'on trouve une solution !"
Là je me dis, on est partis pour règlement de comptes à Ok Corral, ça va finir avec les belles assiettes carrées sur le coin de la figure ou je ne m'y connais pas ....

Mais non, apparemment ce n'était pas conflictuel. Je pige au bout d'un moment qu'ils parlent d'un mariage.

Elle "Mais j'ai déjà acheté une robe, jolie, mais simple."
Heu .... vous achetez des robes à ch*** sciemment, vous ?

Elle "Mais si je dois payer la moitié de ce que toi tu paies, ça n'est pas équitable, parce que bla bla ..."
Bon, me dis je, ils sont les organisateurs et règlent les détails, et elle radine déjà...

Elle "Ah non, je ne la porte pas. Je ne peux pas porter une alliance dès maintenant. Si tu veux que je porte ta bague, il faut que tu m'en offres une autre !"
Gloup ! C'est leur mariage à eux !!! Mais sa môman ne lui a jamais dit qu'on ne réclame pas les cadeaux ?

Un peu plus tard :
Elle "Tu es allé chez le médecin ?"
Lui "Ah non, je n'ai pas pensé à prendre rendez vous."
Elle "Alors tu penses à aller chez le coiffeur, mais le médecin tu oublies ?"
Lui "Ben oui, mes cheveux je les vois tous les matins ..."
Elle, sortant un petit miroir de son sac pour le lui prouver "D'ailleurs tu as 6 cheveux qui dépassent, là."
Et elle tend la main pour remettre les rebelles dans le droit chemin, ce qui fait rosir de plaisir son compagnon qui penche obligeamment la tête.
Je vous jure qu'elle a dit 6 !

Un peu plus tard :
Elle "Tu as appelé ton conseiller fiscal ?"
Lui "Ah non, pas encore, je n'ai pas eu le temps."
Elle "Tu vois, j'ai raison de te laisser des post it partout, d'ailleurs maintenant je vais plutôt t'envoyer des sms."
Pas encore mariés et elle se mêle déjà activement, on va dire, de ses finances ???

Un peu plus tard, devant la carte des desserts :
Lui "Tu choisis quoi ?"
Elle "Je ne sais pas, j'hésite. Ou alors les fruits frais au chocolat, mais je ne mangerai pas le chocolat. Ou peut être le café gourmand, seulement ..."
Lui "Moi juste un café."
Si tu fais régime, tu fais régime, mais tu joues pas les martyrs privés de chocolat !

Pendant la longue attente, sa main se glisse cm par cm à travers la table jusqu'à attraper sa main à elle ... sauf que justement elle s'aperçoit que ses lunettes ont besoin d'être essuyées. Raté ! Puis elle fouille dans son sac. Encore raté ! Enfin elle lui abandonne sa main, soupir de bonheur du monsieur.

Punaise, quel gouvernement, et même pas enveloppé dans du tact et de la figure de style ! Ou quelle chieuse, c'est selon !

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14 septembre 2006

Machisme ordinaire

Hier midi nous déjeunions, ma collègue et moi, à notre restaurant inter entreprises, comme chaque jour que Dieu fait.

Nous avions installé nos plateaux au bout d'une longue table où s'étaient déjà établis deux hommes, à quelques places de nous.

L'un d'eux, qui me faisait face, était plutôt distingué, grand, costume gris foncé bien coupé, chemise bleue, cravate discrète, bronzage qui va bien, yeux clairs, pommettes hautes, cheveux blancs, longues mains précises.
Heu .... non je ne l'ai pas dévisagé en bavant, pourquoi ? J'ai juste capté l'image d'ensemble d'un coup d'oeil.

Son interlocuteur, en face de lui, de mon côté donc, souffrait un peu de la comparaison. Il était non moins bien habillé, mais ses cheveux noirs gominés étaient un tantinet trop longs, ses traits étaient mous mais emprunts d'un air indéniable de supériorité envers le vain peuple, il était affalé sur sa chaise, penché sur son assiette. Il fourchait sans grâce (et je suis indulgente) ses carottes râpées dans sa bouche, à la Vernon Felps nourrissant ses vaches. Et les mâchait comme elles ....

Notre attention fut bientôt attirée par les propos de Vernon, qui pérorait au sujet des "bonnes femmes" (sic) qui venaient chercher leurs enfants à l'école avec des 4x4, mais enfin, surtout des "bonnes femmes", qu'ont elles besoin de 4x4, je te le demande ? Tout ceci en agitant une main gauche ornée d'une belle alliance .... Pauvre Annabelle ....

Bon, ok, je trouve que les 4x4 en ville, ce n'est pas vraiment top, ça n'a aucune raison d'être et ça prend plein de place sur le périph, mais bon, ceci est tout à fait indépendant du sexe du conducteur. Sans compter que dans bien des cas ce ne sont pas les épouses qui choisissent le véhicule familial.

Bien sûr, disait son vis à vis avec beaucoup plus de modération, une Smart est moins encombrante. Il a déjà essayé de faire rentrer une ribambelle de mini dans une Smart, lui ? Il les zippe ?











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07 septembre 2006

Des fois je me demande

Je me pose parfois des questions existentielles sur ce que les supporters et commentateurs de foot peuvent bien avoir entre les oreilles en guise de neurones ...

Enfin non, je crois que je préfère ne pas savoir. On a vu assez d'horreurs pendant la guerre, comme on dit.

Hier soir je rentre chez moi comme à l'accoutumée, sur le coup de 19h30, la circulation ayant été peu fluide, il y a des jours comme ça...

Comme il faisait très doux j'ouvre ma fenêtre de chambre en grand, et ce faisant j'aperçois chez mes voisins d'en face un personnage qui me fait face. Ce n'est pas mon voisin, et sans même que j'entende ce qu'il est en train de dire il me paraît du style lourdeau pérorant. Ne me demandez pas pourquoi j'ai cette impression fort négative du monsieur, formée furtivement mais très clairement dans la fraction de seconde où il croise ma rétine, mais c'est ainsi.

Assez peu traumatisée par la chose (c'est mes voisins qui se le coltinent, hein, et puis ils sont dû l'inviter, en plus, et je ne les connais pas, mes voisins, alors bon...), je vaque à mes occupations, p'tite salade tomates avocat, fruit, télé....

Un peu plus tard je me mets à mon clavier, dans ma chambre donc, et je m'applique à déchiffrer à l'aide de mon ordinateur le début du Gloria de Vivaldi que nous allons avoir le plaisir de chanter cette année (à un volume raisonnable pour ne pas géner les voisins, moi !).

Soudain dans le calme du soir retentit un beuglement et des applaudissements. Tiens, me dis-je, ils doivent regarder un match quelconque, soccer, hockey .... Va savoir pourquoi mes supputations étaient de la sorte dans le domaine exotique. Le seul sport qui me branche à la télé est le rugby, et en général les matchs sont l'après midi du week end. Ceci est sans doute à l'origine des graves lacunes que l'on peut observer sans microscope dans ma culture sportive.

Tout à mon Antonio d'amour je n'y accorde pas plus que ces quelques nanosecondes, quand peu après l'humanité environnante se remanifeste, toujours par des brames que les cerfs de la forêt de Fontainebleau en seraient jaloux grave. Suivis presqu'aussitôt par des exclamations de dépit. A ce moment un de mes amis se connecte sur MSN avec ce commentaire "Forza Italia !".

Là le flash Sherlock Holmesque ! Bon sang mais c'est bien sûr ! C'est du foot ! J'avais entendu l'annonce du match à la radio, mais ça n'avait pas vraiment infléchi ma vie intérieure au point de lier la bande son avec l'événement... Des lacunes, qu'ils disaient ? Des gouffres, oui !

Et le pithécantrope d'en face était donc convié à une bière pizza party en cette occasion ! A la réflexion, il avait bien le profil (oui, je sais, je l'ai vu de face, mais c'est une expression. Pffff faut tout vous expliquer, à vous. Vous aimez le foot, peut être ? Ok, pas taper, pas la tête, ça peut arriver à des gens très bien, d'aimer regarder 20 gars se disputer un seul ballon, et deux autres avec des gros gants attendre que le fun passe par chez eux.).

Comme le savent déjà ceux qui suivent, j'ai eu encore droit à des clameurs à la 54ème mn (oui, je me suis documentée).

Mais ce qui m'a assise littéralement, c'est les commentaires ce matin. J'ai entendu plusieurs fois à la radio "Les bleus ont battus les champions du monde" !!!! Tout fiers, eux, aucun sens du ridicule ..... Mais bon, ce sont des footeux, hein .....

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02 septembre 2006

Marketing !!!???

Je n'ai jamais été et ne serai jamais commerciale, c'est un domaine qui m'est totalement étranger. Les rares fois où j'ai du vendre quelque chose, j'ai eu l'impression d'extorquer l'argent de mon acheteur, même quand c'était lui qui était demandeur. C'est vous dire si la publicité et le marketing sont à mille lieues de mes compétences.

Néanmoins cependant nonobstant, il y a parfois des résultats de cette mystérieuse science, produits par des gens dont c'est le métier de se torturer les méninges pour promouvoir et faire vendre, qui me laissent pantoise et pour le moins perplexe ...

Ce matin, puisque nous étions samedi (ça ne vous aura pas échappé, observateurs comme je vous sais), I went to the supermarket, mon p'tit panier sous mon bras (non, je ne sais pas si the first girl I met était la fille d'un avocat).
Ayant terminé mes courses, je me dirige vers la boulangerie de la galerie commerciale afin de compléter mes emplettes.
Détail qui a son importance, cette boulangerie est placée juste à côté d'une boutique de lingerie féminine.

Le vendeur étant assez novice, la file d'attente est considérable, et donc je m'y insère, prête à attendre un bon moment. Perdue dans mes pensées, je laisse mon regard errer sur la vitrine voisine, sans bien capter ce que j'y vois (ce n'est pas que je sois blonde, mais quand ce que j'ai sous les yeux ne me passionne pas, je n'imprime pas vraiment).
Il faut vous dire que cette vitrine - comment dire ça gentiment - ne correspond pas exactement à mes goûts, et je trouve généralement que tout ce qui y est exposé est carrément à ch biiiiiiiip.

Malgré cette mauvaise volonté de ma part, je percute tout de même au bout d'un moment (le vendeur de pain n'est vraiment pas performant ...) qu'au milieu des dentelles et des fanfreluches se trouve un écran plat.

Dans ces circonstances qu'auriez vous attendu de voir sur la chose ?
Des modèles affriolants pour augmenter les possibilités d'expositions limitées par la taille de la vitrine ?
Des jolies filles qui vous font vous demander où elles peuvent bien loger autant de mètres d'intestins que vous ?
Des nymphettes de rêve dont les atouts naturels (ou pas) vous rassurent sur leurs capacités de flottaison ?
Des timbres poste dont chacun sait qu'ils suivent la loi, comme les robes du soir et les maillots de bain, du "moins il y a de tissu plus faut des euros" ?

Eh bien vous auriez eu tout faux, comme moi.

Entre un soutien gorge noir à petits noeud-noeuds roses et une nuisette rouge enrubannée outrageusement transparente et fendue de partout devinez quoi qu'y n'y a ?

Cherchez pas, c'est pas devinable : deux beaufs en bermuda informe et marcel du plus bel effet en train de se battre (enfin, surtout l'un d'eux) avec une canne à pêche sur un puissant bateau, sur fond de mer très bleue et de soleil très chaud (oui, en plus ça transpire grave, amis de la poésie bonjour).

Mon attention maintenant fixée, je vois le mâle vainqueur de la nature hostile sortir enfin de l'eau turquoise après une lutte sauvage un magnifique poisson argenté et monstrueux, ce qui a le don de rendre tout fébrile Beauf n°2 pour l'aider à faire monter l'animal sur le pont (apparemment l’est pas d’accord, la sardine géante. L’en n’a visiblement rien à faire, d’atterrir dans les p’tites culottes vert tendre).

Et là je dois me rendre à l'évidence : pour vendre des froufrous chichiteux, la dame du magasin n'a rien trouvé de mieux que de montrer ... un THON dans sa vitrine !

Bon, ok, j'en rajoute, je pense que c'était un espadon ou un marlin, mais décidément le marketing et les marketeux m'épateront toujours !












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11 août 2006

Administration encore

Toujours dans le cadre de mon activité secrétariat pour mon poor lonesome cow boy a long long way from home, j'ai encore reçu un échantillon de l'efficacité de notre chère administration.

Cette fois dans le rôle de l'inepte de service, l'ANPE.

Mon fils à moi que j'aime vient tout de même, je le rappelle, de se taper 5 ans d'études pour devenir ingénieur, ce qui je suppose devrait être consigné et reconsigné dans les tonnes de paperasses que l'on vous fait généralement remplir lorsque malheureusement vous devez avoir recours aux services du monument sus cité.

Ce léger détail ayant échappé sans doute aux penseurs de cette institution hautement indispensable, voilà t il pas qu'ils se fendent d'un beau courier pour lui proposer une formation de ..... soudeur, oui madame, rien moins que soudeur !

Je n'ai rien contre cette honorable profession, ne vous méprenez pas, mais toutefois il me semble que c'est légèrement hors du champ de recherche d'un ingé, certes mécanicien, mais bon, tout de même, enfin, quoi, bon ....

Le cher enfant était donc convoqué le 11 juillet à une "réunion d'information concernant la présentation de cette action de formation". Remarquez au passage qu'ils se torturent les méninges (je suis sympa, je leur en suppose) et le clavier pour pondre des phrases ampoulées au possible mais néanmoins exemples parfaits d'allitération.

Un autre détail a échappé à la Mâme Machin qui signe, c'est que mon gars ayant trouvé du travail à partir du premier juillet l'a signalé à qui de droit. Mais sans doute le temps que ça fasse le tour, Mâme Machin n'était pas encore au courant.

Paragraphe suivant, la possibilité qu'il ne participe pas à la réunion est envisagée.

Mais il doit le dire impérativement. Ca encore, je veux bien, faut un minimum prévoir combien d'ingé seront ravis de devenir soudeurs.
Et le motiver.
Des fois que ça ne serait pas évident.
Ou que l'impétrant aurait par miracle et par ses propres moyens (puisque l'ANPE ne serait donc pas au courant) trouvé du travail ou une autre formation entretemps.
Ou autre motif. C'est prévu. Et à préciser.

Sans quoi on considérera en haut lieu que le récipiendaire n'est plus à la recherche d'un emploi.

Remarquez ça fait baisser les statistiques. C'est peut être une stratégie. On propose un emploi complètement inadapté, et si le candidat refuse, hop, radié. Ca se tient.
Mais est ce bien le but premier de l'ANPE, de se débarrasser des gens ? Est ce qu'au départ, ce n'est pas plutôt de les aider à trouver du boulot ?

C'est moi qui suis naïve ? Ok, si vous le dites ....

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19 juillet 2006

Administration again !

Mes fils n’avaient pas la fibre préparatoire. Ils n’avaient aucune envie de trimer comme des malades dans le but de marcher sur la tête des copains tout en leur décochant des coups de pied dans les tibias (acrobatique, n’est il pas ?) pour arriver à quelque chose de potable dans la vie.

Ils ont choisi de commencer par un DUT. Après quoi mon aîné a fait une école d’ingé, puis un mastère à SupAéro. Un de casé.

Par contre mon second (celui là même que j’ai Fedex’é aux Zétazunis début juillet) ne se voyait pas continuer à user ses fonds de culotte sur des bancs d’école. Il souhaitait nonobstant et néanmoins devenir ingénieur lui aussi, parce que le job serait sûrement plus intéressant, que son frère l’avait fait et scrogneugneu, il le valait bien, et qu’enfin ça payerait tout de même mieux.

Prenant les moyens de ses ambitions il a suivi pendant 3 ans une formation de type apprentissage. C'est-à-dire qu’il avait des cours à l’Ecole Centrale Nantes et du boulot dans une boite près d’Angers.
Premier avantage de l’apprentissage, ça donne ipso facto une expérience professionnelle monnayable sur un CV.
Deuxième avantage, l’apprenti est payé. Pas des masses, mais tout de même.

Ayant terminé au mois d’octobre, mon loupiot se met à chercher du boulot, la boite suscitée n’embauchant pas, on le savait depuis le début.

C’est là que l’administration dans toute sa splendeur intervient, abattant son bras implacable et non moins arbitraire sur ses administrés qui n’en peuvent mais.

La boite faisant partie du service public (ou assimilé), il reçoit des indemnités de chômage (autre avantage de l’apprentissage, on ne se retrouve pas sur le sable à la sortie pendant qu’on cherche) versées non pas par les Assedic, mais par un organisme spécial.

Petite précision, je sers de boite aux lettres/secrétariat pendant le séjour chez l’oncle Sam.

Et je reçois ce soir une missive de l'organisme en question annonçant aux heureux bénéficiaires qu’à cause d’impératifs de gestion (l’administration gérerait nos sous ? Qu’est ce que ce serait sinon !!!), à partir du 1er juillet, les indemnités jusqu’alors versées un mois après le terme échu le seraient désormais deux mois après, avec petits dessins explicatifs au cas où ça ne serait pas directement assimilable.

En clair, les indemnités du mois de mai ont été versées fin juin, mais celles de juin le seront fin août, tout ceci annoncé le 19 juillet, tout de même.…
Vous n’allez pas me faire croire que ça s’est décidé d’un claquement de doigts (surtout par des fonctionnaires) le 14 juillet entre une amnistie et un défilé, ou entre un petit four et une coupette à la garden party élyséenne !

Certes cela ne concerne presque plus mon poussin, puisqu’il ne lui reste que juin à toucher, et qu’il sera payé entre-temps (et qu’on aurait pu l’aider éventuellement), mais comment font ceux qui ne peuvent compter que là-dessus pour vivre ?

Dans sa grande bonté, je cite : « conscient de la difficulté financière que ce décalage de paiement de deux mois risque d’entraîner » (j’aime bien le « risque » ! On te sucre un mois d’indemnités, mais ça ne va pas te gêner, hein ? T’avais qu’à gérer impérativement !), l’administration, je recite : « accepte à titre exceptionnel une procédure collective d’acomptes », et donc versera la moitié de juin fin juillet et l’autre moitié fin août.
J’aime aussi le «à titre exceptionnel », genre on vous fait une fleur, mais c’est bien parce que c’est vous, petits veinards. En même temps à partir de fin août ça ne se pose plus….

Vous imaginez les manif si on appliquait ces bons principes de gestion à tous les traitements des fonctionnaires ?

Et va expliquer ça à ton banquier qui est dans le privé et est donc bassement matérialiste (chacun sait que le fonctionnaire, lui, ne fonctionne à aucun moment pour le fric, mais par un dévouement sans faille teinté d’abnégation désintéressée pour ses concitoyens, qui ne lui en sont même pas reconnaissants, les gnous arthritiques !).

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03 juillet 2006

Maréchaussée 2, le retour

Comme prévu j'ai rappelé mon assureur ce matin pour avoir mon fax.

La dame qui me répond me dit "Ok, je vous le faxe dans l'instant, pas de souci."
Wow ! Efficace, elle !
Prise d'un soupçon, je lui demande ce qu'elle va me faxer, si c'est bien un document quelconque qui dit que j'ai toujours été couverte depuis le 5 février 2003 sans interruption.

Musique d'attente, pub, elle revient pour m'annoncer "Ah non, nous ne pouvons pas faire ça, c'est une carte verte qui part du 1 juillet !"

Heu ... ça a beau être des flics, je pense que si je leur présente un papier qui dit que je suis assurée à partir du premier juillet (alors qu'ils m'ont choppée quand ? Un petit effort ? Oui, c'est ça, le premier juillet aussi), ils vont avoir du mal à avaler que je ne me suis pas assurée en catastrophe juste pour l'occasion....

Ce que je développe à la madame.

Après quelques autres minutes de mambo (originale leur musique d'attente), elle revient et me dit qu'elle va me faxer la carte verte qui part du 5 février 2006. Alleluia mazeltov !!!!

J'appelle ma collègue pour qu'elle plantonne devant la machine, et c'est bien ça qui en sort telle la Vénus de Botticelli sortant de l'onde.


Après quelques petites courses je passe chercher le précieux papier et je fonce au commissariat.
Deux malabars rasés sont dans l'entrée, une porte sur la droite est entr'ouverte. J'y jette un oeil hésitant, mais les deux m'indiquent une autre porte crasseuse en haut de quelques marches.
Une salle d'attente avec quelques attendants figés (il fait pourtant un peu plus frais que dehors). Un bureau qui a l'air d'accueillir le monde, mais personne, on me dit qu'il va revenir. Et en effet, un jeune homme en bleu débarque, les yeux aussi bruns que ceux du distributeur de PV étaient bleus, mais non moins beau.
C'est pas Dieu possible, ils ont une épreuve en maillot de bain et en robe de soirée, pour intégrer ce commissariat !

Il s'enquiert de ce que je viens faire, et me redirige vers la porte sur la droite.
Je repasse entre les deux montagnes souriantes (si si, ils se marraient, ça leur arrive aussi).

Et je découvre dans son antre un autre fort joli représentant des forces de l'ordre (des défilés, ils font, je vous dis !), catégorie yeux bleus, qui vérifie (le fax lui suffit), annule mon PV, et me dit que tout est ok désormais. Il me précise que je dois quand même envoyer la prune, et garder le double "comme d'habitude" me dit il.
Eh oh eh, j'aimerais bien que ça n'en devienne pas une, d'habitude, ce genre de plaisanterie !

Encore que je me demande si je ne vais pas délinquer un peu plus, moi, maintenant que j'ai vu les échantillons.... Va falloir que j'infracte plus souvent.

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02 juillet 2006

Vive l'administration

Le commentaire de Snivel sur mon précédent billet me remet en mémoire un épisode du grand feuilleton de notre administration légendaire : "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?".

Lorsque j'ai eu 18 ans j'ai commencé à prendre des leçons pour passer mon permis de conduire. J'ai donc préparé le dossier pour ce faire, qui comprend notamment comme vous le savez sans doute deux photos, dont une est destinée à orner votre sésame rose pour le reste de votre vie.

Par ailleurs, il se trouve que je souffre d’un défaut de fabrication (qui a dit oulah si c’était le seul ????) : je suis myope et astigmate assez velument, et donc je porte des lunettes depuis mes 4 ans vu que c’était bien évident avant même que j’aille à l’école, c’est vous dire ! Mon ophtalmo attitré m’avait toujours dit que je pourrais porter des lentilles à partir de 18 ans, la vue étant relativement stabilisée à cet âge et les yeux assez forts pour supporter ce mode de correction.

Entre deux leçons de conduite, petits cours pour payer lesdites et cours à l’école d’ingé je ne manque donc pas d’aller voir ce brave homme, qui me fait l’ordonnance tant attendue après m’avoir assurée comme à chaque fois, la mine gourmande, que j’avais un très joli fond d’œil, avis aux amateurs !

Je vais ensuite sur ses indications dans une officine bizarre rue de Rivoli, un local planqué derrière un ascenseur où sévissent les grands maîtres de la secte des lentilles (à l’époque on n’en trouvait pas chez tous les opticiens comme maintenant). Après moult mesures ils me produisent les petits bouts de plastique tant convoités, et me voilà partie pour (à l’heure actuelle) 32 ans de carrière de lentilleuse (dont 25 avec celles d’origine, quand même, ce qui prouve qu’ils savaient de quoi ils parlaient !). Maintenant j'en ai des progressives, même que !

Entre-temps voilà arrivé le moment crucial de passer mon permis. Je vous passe les essais, mais enfin il y en eut un transformé. Le gourou des feuilles roses sort son carnet, commence à remplir, regarde mon dossier pour ce faire, et avise alors sur ma photo les magnifiques cluques (patois toulousain) qui y ornaient alors mon petit nez mutin. Pris d’une trouille rétrospective il s’étonne que là maintenant, j’aie eu l’outrecuidance de conduire 1/2h sans prothèse. Je lui explique que là maintenant, j’ai des lentilles, et que oui, je peux lire la plaque de la voiture devant. Oui, le macaron sur la lunette arrière aussi. Oui, le panneau là bas sans problème….
L’inspecteur de permis de conduire lambda est difficile à convaincre, il semble.

Mais l’inspecteur de permis de conduire lambda de l’époque est aussi mono programmé.
J’aurais eu une photo sans lunettes, il n’aurait même pas battu un cil pour signer ma feuille. J’aurais eu mes culs de bouteille habituels pour passer l’épreuve, idem. Mais là il y a discordance, ça le fait plus. Il est déstabilisé. L’angoisse de faire comme il faut est palpable. Je vois le moment où je devrais une fois de plus repasser devant son arbitrage, malgré mon résultat positif. Quand soudain LA solution apparaît en lettres de feu dans son cerveau illuminé.
Il me fait un grand sourire (oh que je n’aime pas ça …) et me dit « Voilà ce qu’on va faire : »
On, tu parles, lui il est tranquille.
« Je vous le donne pour 5 ans, et vous devrez repasser une visite médicale tous les 5 ans pour vérifier votre vue ! » Je le traite -mentalement- de tout, et je prends mon papier en remerciant. Que faire d’autre ?

5 ans plus tard nous retrouvons notre héroïne à Toulouse, mariée, et même légèrement enceinte, tant qu’à faire. Je me renseigne et me retrouve là où il faut au jour dit pour passer cette foutue visite médicale. C’est en juillet, et donc je suis en robe légère, sandales à talons, cheveux relevés, bref, la panoplie de greluche qui va bien. Et je me retrouve dans une salle d’attente remplie de routiers plus imposants et rustiques les uns que les autres, qui me regardent un peu bizarrement. A l’époque les routières étaient encore très peu nombreuses. Vous imaginez mon malaise, timide comme j’étais.
Le médecin me reçoit, un peu surpris de sa cliente, m’examine, me palpe.
M’annonce avec un grand sourire « Mais vous êtes enceinte, vous savez ! » Heu, oui, merci, je suis au courant. Ca ne doit pas lui arriver souvent de détecter ça dans les bedons de ses patients habituels.
Vérifie ma vue de jour, de nuit, par temps de brouillard, sous la pluie, au soleil, dans l’obscurité, en montagne, sous la mer, à l’envers, à l’endroit ….. Tout va bien.
Il me regarde soudain, et se décide à poser la question qui le turlupine depuis le début :
« Mais …. vous conduisez quelle sorte de camions ? »

Morte de rire je lui explique les états d’âme de l’inspecteur parisien, et que bien sûr je ne conduis que ma p’tite auto pour aller faire mes courses ou partir en vacances. Lui aussi éclate de rire et se répand en sarcasmes bon enfant sur les parisiens et leur tatillonnisme.
« Moi je vais vous le donner définitif, votre permis, ma p’tite dame. » m’annonce t il, à mon grand soulagement.
J’ai donc éternellement 23 ans sur la photo de mon permis, mais le dernier volet précise : « Ne peut conduire que muni de verres correcteurs, lentilles cornéennes ».

Je suppose que maintenant, on ne fait plus d’ennuis à quelqu’un qui porte des lentilles. Mon plus jeune fils n’a eu aucun problème avec ça (eh oui, mère indigne, je leur ai refilé à tous les deux des mirettes défectueuses …).
C’est ça d’être une pionnière !

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01 juillet 2006

Vive la maréchaussée

Ce matin, toute guillerette, après avoir déposé mon petit gars à la gare pour aller à une dernière fête (dite chouille en patois d'jeunsso-nantais) avec ses amis de là bas avant son grand saut dans la vie active, je me dirigeais sous un soleil radieux vers mon supermarché préféré pour m'y livrer à mon TOC le plus hebdomadairement récurent, acheter de quoi meubler mon réfrigérateur.

J’ai hésité entre plusieurs itinéraires, mais comme sans doute ce n’était pas mon jour de chance, j’ai choisi le plus direct.
Mal m’en a pris, car peu avant la poste qui précède directement mon garage chéri, un grand et beau jeune homme me fit signe de me ranger sur le côté. Jusque là me direz vous, où est la poisse ? C’est que ce charmant représentant de la gent masculine n’en était pas moins un éminent représentant des forces de l’ordre. Comme on doit le faire dans ces cas là, j’obtempérai donc illico.

Il s’approche de la vitre, me demande d’éteindre le moteur, m’annonce un contrôle de routine. Le tout assaisonné d’un sourire de top modèle et d’yeux bleus absolument étourdissants. On ne peut quand même pas avoir toutes les déveines le même jour !
Primesautière et la conscience très tranquille, je lui dis qu’en effet j’avais bien subodoré le côté routinier de la chose, puisque je n’avais rien fait de mal (grand sourire et flap flap les cils, on ne sait jamais …).
Je lui fournis les papiers demandés (j’aime bien la photo de mon permis de conduire, pas de souci de ce côté). Il vérifie le tout, se penche sur les différents papillons collés sur mon pare brise, revient vers moi.
Je me demande s’il va tilter sur le « port de lentilles cornéennes », comme l’avait fait un flic à La Baule :
- Vous les avez ?
- Ben oui je les ai. (sous entendu sinon je ne te verrais même pas, avorton comme tu es en plus)
- Ben alors mettez les !
- Mais je les ai !
- Ben mettez les !
- Heu … ce sont des lentilles, elles sont sur mes yeux ….
- Ah oui, au temps pour moi ….
- Enorme soupir

Mais non, pas de problème avec mes yeux. (J’aurais pourtant bien aimé qu’il les regarde de près … air angélique).
« D’où vient que je vois du sang sur la petite clé d’or ?» demande Barbe Bleue à sa septième épouse. Heu, non, je m’égare.
« Il y a un problème avec le contrôle technique et avec l’assurance, l’attestation est jusqu’au mois de février 2006 …. » me dit il d’un air navré (mais sourire et zyeux bleus mmmmmmm).
Le contrôle non, je viens de le faire, il en convient. Mais l’assurance !!! Damned and cornegidouille !!! Comment un tel phénomène a-t-il bien pu se produire ? Force m’est de constater qu’il a raison, le bougre.

Il faut vous dire que je suis du genre méticuleux pour ces choses là. Quand je reçois une carte verte, je la mets aussitôt en attente sous celle en cours dans mon étui à papiers de voiture. Il peut arriver que j’oublie de changer le papillon du pare brise, mais le suivant est dessous. Il y a bien deux attestations dans l’étui, mais il s’agit de la précédente. Donc vous imaginez la profondeur de mon désarroi ….

« Je suis obligé de verbaliser» me dit il à regret, ses beaux yeux tout tristes, « il y a de plus en plus de gens qui roulent sans assurance, maintenant.»
Ah les gueux ! Mais pas moi, monsieur l’agent ! Moi je paye tous les mois, c’est ma banque qui m’assure, vous pensez bien qu’elle n’oublie pas de prélever ! Toutes ces pensées pensées à toute vitesse s’expriment dans un :
« Ho nooooooooon ! » traduisant ma bonne foi bafouée et toute cette sorte de choses…

Devant mon attitude un rien détruite, il me dit « Vous inquiétez pas, je vais vous faire une amende, mais une gentille.»
Ah bon, ça existe, ça, des amendes gentilles ? C’est nouveau ? Bientôt on pourra choisir sa couleur, son parfum ? On cochera la case 1) je paye, 2) je paye pas ?

Là je dois avoir l’air franchement ahurie, parce qu’il m’explique gentiment « Je vous fais le papier, mais vous avez 5 jours pour présenter votre attestation valide dans un commissariat, et vous ne la paierez pas. » Ouf ! Ce n’est « que » 35€, mais tout de même !

Il me fait signer un papier disant que je reconnais l’infraction (gné ??? c’est comme chez Darty, faut signer pour dire qu’on vous a bien livré la contredanse, maintenant ?).

Précise à mon habitude je lui demande si c’est 5 jours ouvrables, si j’ai donc la semaine (non parce que s’il faut que je bouge l’assureur, plus les délais postaux, ça va faire juste). Re sourire craquant avec zyeux bleus pétillants incorporés « Ah non, la police travaille le samedi et le dimanche, c’est compris dans les 5 jours. » Moi un rien fayot (oui, j’admets, toutes les armes sont bonnes, d’abord) « Ah oui, vous n’avez pas de chance … ».

Rentrée à la maison je fouille mes paperasses, rien. Mais un doute point soudain dans mon esprit. Et si j’avais simplement oublié de faire mon changement d’adresse rien que pour ça ? Mortecouille ! Ca fait juste un an que j’ai emménagé ici. La poste maintenant ne fait suivre le courrier que 6 mois (renouvelables, certes, pourquoi se priver de faire refaire la queue aux gens one more time ? Je ne l’ai pas refaite, rebelle que je suis.).
Donc si ça se trouve, ma banque, qui est aussi mon assureur, sachant que pour mon compte et pour mon assurance habitation (qu’elle m’a aidée à financer, elle est donc aux premières loges pour savoir où je crèche), l’adresse a changé, n’a pas eu une seule seconde l’idée que selon toutes probabilités pour ma voiture, c’était pareil !!! Elle a peut être pensé que Titine était assez grande maintenant pour vivre seule ? Que je lui avais laissé l'autre appart ? Je devrais l'appeler Tanguy, pas Titine, ça aiderait peut être les neuronalement défavorisés ....

J’appelle mon assureur qui me dit que samedi c’est fermé pour ça, qu’on me rappellera lundi. Poum, 2 jours grillés …. Une demi heure plus tard mon téléphone sonne, le temps que je le pêche dans mon sac, j’ai un message : « Allôôôôôô, c’est Gundula des assurances machin, vous avez demandé qu’on vous rappelle, mais comme vous n’êtes pas dispo, rappelez donc. » Ahem … zen Laurie, zen !
Finalement j’ai enfin un contact inter galactique, et en effet, mon adresse n’était pas la bonne. On me renvoie une carte verte lundi juré craché, mais je vais quand même demander un fax lundi, pour prouver aux flics que je me bouge, même si un fax ne leur suffit pas, comme me l’a dit Gundula, morte de rire (j’aime son humour, à elle !).
J’avais vraiment que ça à faire, repasser au bureau exprès alors que je suis en vacances ….

Enfin, je me dis qu’il vaut mieux m’en être aperçue comme ça plutôt qu’en plein remplissage de constat, non ? Je suis une incorrigible optimiste !

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30 juin 2006

Goûts dépravés

... ou comment griller sa répute vite fait auprès du petit personnel

Nous travaillons en sous-traitants pour un client en Irlande, qui vend ensuite notre produit couplé au sien aux 4 coins de la planète, dont l'Afrique du sud.
Malheureusement nous ne nous déplaçons pas, ni en Irlande (dommage, j'adore la Guinness), ni au Cap, ni en Malaisie, ni ailleurs.

Le client end user africain du sud est rude : "Ca marche pas, c'est forcément votre code, débrouillez vous pour corriger, vite !" (même si ça vient de chez eux ou s'ils ont fait le contraire de ce qu'on a écrit dans le manuel). Au fil des nombreux dénouages de problèmes (vite !) nous avons développé de très bonnes relations avec le relais local de notre client irlandais, le Local Office Engineer du Cap, efficace et coopératif, lui, et il se trouve que ce brave garçon était ces temps ci en voyage européen avec son épouse, et cette semaine à Paris. Nous avions concocté de nous voir, pour mettre des visages sur les voix et les mails.

Donc coup de fil mardi après midi, "Nous sommes au Panthéon, est ce que ça vous va de passer prendre un café ?" (enfin, en afriquedusudien).
Aussitôt dit aussitôt (presque, faut traverser la moitié de Paris) fait, et nous voilà tous quatre, ma chef/collègue et néanmoins amie et eux deux, papotant joyeusement à une terrasse de café.

Le garçon arrive, caricature de sa catégorie socio-professionnelle, THE garçon-de-café-parisien-sur-un-lieu-hautement-touristique, plein de supériorité et de morgue devant cette table non francophone. Il s'enquiert de nos désirs, en français, sur le ton de celui qui se dit "Faudra qu'ils fassent un effort parce que je ne vais certainement pas me mettre à parler autre chose pour leur faire plaisir, à ces ploucs !". Ambiance posée....

Mon amie se tourne vers lui et commande, dans un français qu'on dirait presque que c'est sa langue maternelle, deux cafés crèmes pour nos visiteurs, et un demi panaché bien blanc pour elle (pour ceux qui ne sauraient pas, c'est de la bière avec beaucoup de limonade).
Tête décomposée du garçon : "Ah noooon, on fait pas ça à de la bière !". Ben si....

Il se tourne vers moi et je lui demande tranquillement un lait fraise (ben oui, c'est mon vice caché, enfin, un de mes vices cachés, j'ai toujours aimé ça). Là il n'a pas même pas commenté, mais son air d'abord incrédule puis dégoûté était éloquent, et le reste du service a été vraiment minimal.....

Par contre la note a été salée, ça donne de la valeur au lait et au café, d'être bus près d'un monument célèbre !

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17 mai 2006

Repères fiables

Je ne sais pas vous, mais moi j'ai remarqué que l'une des occupations les plus prisées par les RH dans les sociétés actuelles est le jeu de taquin avec les équipes à travers les différents bureaux disponibles (vous savez, ce petit jeu composé d'un cadre et de pièces coulissantes les unes par rapport aux autres, une place étant laissée libre, et qui consiste à bouger ces pièces de manière à former un dessin lorsqu'elles sont enfin dans le bon ordre). Et quand ladite société peut s'éclater dans une tour de 12 étages, je ne vous dis pas la valse !!!
Lorsque la boite qui m'emploie s'est rendu compte qu'elle ne pourrait pas se passer de moi 5mn de plus, et qu'elle m'embaucha donc, fin 2000, l'équipe dans laquelle j'allais m'insérer logeait au 10ème étage, venant tout récemment du 1er sous le niveau de la dalle de La Défense. Nous y sommes restées 3 ans, puis la déménagite frappa derechef, et on nous annonça une prochaine transhumance.
On nous parla de points de chute variés, nous invitant à visiter nos futurs locaux pour voir s'ils nous convenaient. Nous ne sommes que deux dans l'équipe, un seul bureau nous suffit, mais nous avons aussi besoin d'une grande salle contiguë pour loger toutes nos machines (pour l'instant 7 ou 8 mais elles vont recevoir 2 nouvelles copines bientôt), sur lesquelles nous devons à l'occasion intervenir rapidement et de manière répétée, et qui donc en aucun cas ne sauraient se retrouver dans une salle dite "machines", située au milieu de la tour (z'ont pas besoin de fenêtre) donc loin, et de plus climatisée, donc bonjour la sinusite chronique.

Nous fûmes donc au 4ème, trop petit, au second, pas de place pour nos bécanes à part dans le même bureau, trop bruyant, au 6ème, trop loin du reste du service (gnnn ? Ben pourquoi on nous le propose, alors ?). Au premier la personne qui occupait le bureau nous a soutenu qu'il n'était pas question qu'elle parte ......
Et hop, l'est partie et on a atterri au premier ! La cloison du bureau voisin a été démontée pour l'agrandir et accueillir nos machines. Meilleure exposition, plus jolie vue, un peu frais cet hiver (des problèmes de chauffage, on aurait bien aimé avoir nos machines dans le bureau, malgré le bruit, comme les fermes de montagne où les vaches chauffaient les humains à l'étage !)... Dieu sait par quel miracle on bernique là depuis, pendant que le reste de nos collègues continue/recommence à jouer les grenouilles météo dans les étages, façon bataille navale : Untel, étage 10, bureau 25, Unautre, étage 7, bureau 32....
Ce matin nous avions à chercher quelque chose au second, et nous nous apprêtions à redescendre quand la porte de l'ascenseur s'ouvre, un jeune commercial en sort, nous voit, et dit "Ah, ce n'est pas mon étage !" et hop, demi tour vers l'ascenseur sans même regarder le numéro affiché sur le palier ! Nous l'avons arrêté dans son élan et rassuré sur sa capacité à appuyer sur le bon bouton :)
Est-ce que ça voudrait dire que nous sommes le seul élément vraiment stable et fiable aveuglément dans cette fichue tour ?????

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